Les Gorges et l'Ermitage de Galamus

Publié le par jean claude

C'est sans aucun doute vers le site le plus grandiose de l'Aude que nous conduisent nos pas aujourd'hui. Le temps est beau, et même si nous en avons douté jusqu'au dernier moment, c'est le soleil qui nous accueille au parking des Gorges à la sortie de Saint Paul de Fenouillet.

Ce n'est pas vraiment une surprise. Quand il fait mauvais temps partout, et c'est le cas en ce Dimanche pluvieux, il y a des petits coins de paradis comme celui là où il fait beau quand même et ce n'est pas la première fois que je constate ce phénomène. Est-ce que Saint Antoine de Galamus répand toujours ses bienfaits dans la région ?? Ou alors c'est parce que nous étions 13, chiffre porte bonheur, dont quelques nouveaux visages.... bienvenue.

Ce parcours entretient le mystère, parce que les Gorges nous ne les verrons qu'à la fin. Alors pendant toute la durée de la rando j'entendrai:

"Alors, c'est quand qu'on les voit les Gorges?"

"C'est un piège à c..., elles n'existent pas?"

En attendant, il faut monter. Oh, ce n'est pas le bout du monde, 650 m de dénivelée dans ce paysage de garrigue des Corbières que nous connaissons bien: chênes verts rabougris, genèvriers, et de la roche calcaire...beaucoup de cailloux.

Mais quand même, après avoir traversé le Pla de Brézou en travers (inutile d'en faire le tour, c'est sans grand intérêt), la montée à travers la caillasse jusqu'au Pech d'Auroux va en faire souffrir plus d'un. Il faut s'élever de rocher en rocher, avec par endroits quelques beaux points de vue, sur le village de Soulatgé au Nord et sur le Château de Peyrepertuse au Nord-Est, en particulier.

La fringale se fait sentir, "quand est-ce qu'on mange?", il faut dire qu'il est tard, Galamus c'est le bout du monde pour venir de Toulouse. La pause pique nique au sommet du Pech d'Auroux est la bienvenue. Et c'est avec un petit verre de vin, apporté par Richard pour fêter son anniversaire (il le fête tous les jours depuis un mois, il est vraiment content de prendre un an de plus, hein!), que nous festoyons sur ces falaises impressionnantes qui domine la vallée.

Mais non, ce ne sont pas les Gorges, elles sont de l'autre côté, au Sud. C'est qu'ils sont pressés les bougres. C'est peut-être parce que je les gave avec cette rando depuis .....oh là là, tant que ça!!!

Bon, allez, on y retourne. Le meilleur est à venir. La descente jusqu'aux Gorges commence tranquillement, mais j'en connais qui appréhendent déjà le final. Le final, c'est "la-descente-de-la-mort-qui-tue" suivant l'expression favorite de Renée qui n'est pas là aujourd'hui, j'espère qu'elle ne me demandera pas de droits d'auteur.

On y arrive à cette descente, et là c'est chacun pour soi. Certains vont l'aimer. Descendre en courant, en voltigeant à travers les buis qui sont autant de points d'appui, c'est le pied. Pour d'autres, les pieds, on les met l'un devant l'autre avec beaucoup de précautions, en assurant chaque prise, parce qu'elle est très raide cette descente. En tout cas, personne ne descendra en boule, c'est l'essentiel, et tout le monde se regroupera en bas, entiers et contents de l'être.

Tiens..... les Gorges !! On est juste à l'entrée amont du canyon. Et nous allons respecter la tradition: une pause bien méritée tout au fond, au bord de l'Agly, avec une petite baignade dans les eaux glacées, ça réveille. Il faut s'y tremper, pas longtemps, mais ça fait du bien.

Nous allons traverser toutes ces Gorges, somptueuses, avec des falaises à pic. Tout au fond de cet étroit canyon, là-bas, coule l'Agly. Il y a très peu d'eau, c'est sûr qu'il n'a pas beaucoup plu par ici.

Puis c'est le sentier qui nous emmène jusqu'à l'ermitage Saint Antoine de Galamus. Il est accroché au flanc de la falaise, il a l'air d'être en équilibre instable, sur sa corniche étroite qui domine la rivière de 150 m, mais comme il résiste à l'appel du vide depuis des centaines d'années, on lui fait confiance et on y va.

Un peu d'histoire:

Il s'agit en fait de plusieurs cavités, si proches les unes des autres qu'elles semblent n'en faire qu'une. On estime que c'est au VIIe siècle que les premiers reclus volontaires vinrent s'installer dans ces grottes, dont l'une dispose d'une source, et il y fallait du courage.

C'est au XVe siècle que les Franciscains aménagent l'endroit. Et c'est en  1782 que la chapelle est installée dans la grotte la plus vaste qui est éclairée naturellement par une faille dans la roche. Elle fut édifiée à la suite d'une épidémie gangréneuse qui toucha les habitants de Saint Paul. Ceux-ci s'étant placés sous la protection de Saint Antoine, l'épidémie fut vaincue. Plus loin, c'est la maison de l'ermite, et un peu plus haut la grotte à la fontaine (sacrée?)sous la protection de Marie Madeleine.

 

Quand vous chercherez St Antoine
Pour vous informer de la vie,
Vous le trouverez près de St Paul,
Dans sa petite thébaïde,
Où l'on ne voit, à découvert,
Rien que le ciel et le désert.

Désert qui attire tant de monde,
Grand chef-d'oeuvre de la nature,
Affreux et beau en même temps !
Qui donc pourra décrire
Un ermitage qui n'a pas son pareil
Et dont la beauté charme tous les yeux ?

 

 

                                                Notre troupe au Pla de Brézou

 

                              Les falaises impressionnantes du Pech d'Auroux

 

                             Entrée dans les gorges en amont de l'Agly

 

                                       La pause baignade, pour certains

 

 

 

                                             La chapelle ensoleillée, dans la grotte

 

                                  L'ermitage accroché à la falaise

 

 

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Martine 28/11/2009 11:39


Trop beau...


CATALANE 07/06/2007 06:39

Cela me rappelle plein de souvenirs ! J'ai mon cousin qui habite à St-Paul, alors évidemment, les gorges, nous y allions souvent. Je les ai faites découvrir à Guy, et il a beaucoup apprécié !!! Mais je ne me souvenais pas que c'était si près de la "frontière", je pensais qu'elles étaient en totalité dans les PO. Comme quoi .... grâce à toi je suis incollable dorénavant ! bises